Résumé :
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La critique [evene] par Mikaël DemetsRaffaello, le bandit qui a purgé 15 ans de prison pour avoir tué une femme et un enfant lors d’un braquage, est sur le point de sortir de prison, atteint d’un cancer. Silvano, mari et père de deux innocentes victimes, n’est qu’une ombre asociale depuis les tragiques événements, et il n’aspire qu’à se venger et à trouver le complice du tueur, toujours dans la nature. Sur cette trame originale, Massimo Carlotto construit brillamment un récit à deux voix, alternant les chapitres incisifs sur chacun des points de vue. Culpabilité, liberté, justice, injustice, vengeance, haine, pitié, tous ces sentiments se mêlent et s’entrechoquent dans cette fouille méticuleuse de deux âmes perdues. L’auteur greffe là-dessus une histoire policière brute, parsemée de meurtres violents, de vengeance, de chantage. C’est noir, très noir. L’écriture est également brute, mais cette froideur s’avère parfaite pour décrire avec réalisme et sincérité les errements ou les déchirements du tueur ou du veuf. Elle permet à l’auteur de se sortir brillamment d’une intrigue menaçante et d’aborder des sujets glissants et politiquement incorrects, rarement traités avec autant d’intelligence et de réalisme que dans ces pages. La prison, la justice, la police, le calvaire des victimes, la folie, l’hypocrisie, Massimo Carlotto va là où les romans policiers ne vont pas souvent. Quand Raffaello parle, on est d’accord pour soulager sa peine, lorsque Silvano crie vengeance, on le soutient. L’auteur nous met ainsi face à nos contradictions, et donc face à l’impossibilité d’une justice équitable. Les personnages vont devoir faire un choix, au-delà des lois. Un roman très noir dont l’intrigue s’enfonce dans des méandres de plus en plus pesants et inattendus. Implacable.
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